Note du 05.02.2021
On peut comparer la pratique mystique comme un fruit de la chair non sanctifiée, qui poursuit un but "glorieux" à partir de cette base malsaine.
Il s'agit d'un levain qui finit par corrompre la pâte et le pain que l'on mange.
"Il dit encore : À quoi comparerai-je le royaume de Dieu ?
Il est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, pour faire lever toute la pâte." Luc 13. 20 & 21
Notre Maître Yeshoua affirme cela en relation aux mauvais éléments qui s'introduisent dans un élément pur, sans levain.
Aussi, ne faut-il pas s'étonner que les fruits des réveils furent infiltrés de ce levain. Ici, vous ne trouverez pas de dénégation du bienfait que ces réveils purent apporter. Cependant, en insistant trop sur l'aspect émotionnel et le saint-esprit (aspects typiques du mysticisme), sans la parole de Vérité qui l'accompagne (si elle n'est pas en plus elle-même corrompue), a laissé la porte ouverte à bien des abus. blessants pour bien des brebis de notre Berger.
"C’est bien à tort que vous vous glorifiez. Ne savez-vous pas qu’un peu de levain fait lever toute la pâte ? Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé." 1 Corinthiens 5.6 & 7
________________________________________________________
Autrefois je me suis intéressé au phénomène du mysticisme, de l'ascèse, et à sa répercussion dans les milieux « chrétiens », sans détenir une clé de compréhension essentielle pour l'appréhender.
Avant d'aborder cette clé de compréhension, voici un état des lieux.
Il m’a toujours paru que quelque chose dysfonctionnait dans cette approche. La preuve qu'on pouvait avoir de la validité ou non de celle-ci concernait les fruits de ceux qui se livrent à des exercices mystiques. Mais cela reste insuffisant. Il manquait donc une clé biblique.
Ces mouvements finissent toujours par engendrer des hérésies, des décentrations du message de la bible c'est-à-dire des attitudes idolâtres qui s'y glissent et prennent de l'ampleur, et par divers aspects un retour à des éléments que l’on trouve dans le paganisme.
Le mysticisme est un point commun à toutes les religions du monde.
Dans l’animisme, on le trouve parfois associé à des drogues.
Dans les religions orientales, il est très prisé (hindouisme, bouddhisme et autres).
Dans l’antiquité païenne de notre occident ou sémitique, il faisait partie de certains courants, comme les religions à mystère.
Et dans le christianisme, dès ses origines, on a vu fleurir des gnoses *… Comme celle de Marcion.
Il ne s'agit donc pas d'une religion, mais d'une méthode d'approche du monde spirituel.
Tous ont un point commun: ils impliquent une ascèse volontaire de l’homme, un exercice très contraignant que l’on s’impose à soi-même, des rites éventuellement comme le jeûne, des prières, des mantras, des musiques, ou encore ce que font les derviches tourneurs dans l'islam. On trouve souvent des étapes par lesquelles le croyant devrait nécessairement passer, chaque étape marquant un degré supérieur de connaissance, de foi, de sanctification, de puissance.
Et cette façon de faire a été « naturalisée » par certains dans le christianisme et le judaïsme.
On pense à certains saints catholiques (Ignace de Loyola et ses exercices spirituels, Jean de La Croix, les deux Thérèse, etc…).
On pense à la pratique de la Kabbale chez les grands rabbis juifs.
Et les protestants ont eu leurs mystiques: Jacob Böhme, Tersteegen. Emanuel Swedenborg, certains frères Moraves, les Quakers, etc….
Ce qui est aussi certain est que des évangéliques, le premier étant J. Wesley puis tout le mouvement dit de sanctification au XIXème siècle, Watchman Nee et d'autres, ont été influencés par des mystiques comme Mme Guyon ou par d’autres déjà cités ci-dessus.
Pour Mme Guyon: lien ici
Pour W. Nee: lien ici
* Gnose: Système de pensée philosophico-religieuse qui se fonde sur une révélation intérieure, permettant d'accéder à une connaissance des choses divines réservée aux seuls initiés et permettant de saisir les mystères amenant au salut.