Recensement des textes nommant l’étang de feu (et de soufre). Version Colombe.
« Et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète qui avait opéré devant elle les signes par lesquels il avait séduit ceux qui avaient reçu la marque de sa bête et qui se prosternaient devant son image. Tous deux furent jetés vivants dans l’étang de feu où brûle le soufre. » Apocalypse 19.20
« Le diable qui les séduisait fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. »Apocalypse 20.10
« La mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu. C’est la seconde mort, l’étang de feu.
Quiconque ne fut pas trouvé inscrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu. » Apocalypse 20.14.15
On a lu dans les articles sur le sheol et la géhenne que le sort des morts était, pour un temps, un lieu de sommeil, d’attente - le sheol et que ce lieu ainsi que la géhenne renvoyaient à une idée de destruction tant pour le corps que pour l'âme, puisque l'âme est déclarée mortelle par les Ecritures. Cependant, en attendant la résurrection de tous les morts, justes et injustes, toute personne continue une existence dans une sorte de sommeil. Ces deux faits sont en apparence contradictoires. La question qui se pose alors serait de savoir ce qui demeure: "une trace" que seul Elohim peut reconnaître et réveiller.
Cette "trace" ne peut comporter de part spirituelle puisque l'Ecclésiaste déclare en parlant de l'état de mort:
".. avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l’esprit (rouah) retourne à Elohim qui l’a donné." Ecclésiaste 12.7
Le rouah disparaît donc aussi de "l'identité" de l'homme mort.
Les textes de l’apocalypse paraissent diriger vers un autre sort : une peine qui dure, particulièrement en apocalypse 20.10.
Je sais qu’il existe diverses explications pour minimiser ces passages qui sont en contradiction avec les reste des écritures.
Par exemple en affirmant que l’apocalypse est un livre imagé, symbolique et qu’il n’est pas nécessaire de prendre ce qui y est écrit au pied de la lettre. C’est vrai, le feu symbolise la destruction… et je ne pense pas qu’il faut s’attendre à voir un jour un réel étang de feu. Le lieu est symbolique. Mais le reste du texte pourrait ne pas être symbolique.
Il existe aussi l'interprétation provenant comme une proposition de frères que je respecte beaucoup et qui sont dotés d'une réelle profondeur dans l'approche des Ecritures. Ils proposent que l'étang de feu consiste en un mémorial, qui restera lorsque la Jérusalem Céleste sera descendue sur la terre. Ils apportent cette pensée comme une hypothèse.
Mais rien dans le texte ne le laisse supposer. Au contraire le caractère durable de la peine y est bien affirmé, avec un bémol cependant comme nous le verrons: « Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. »
Suite plus bas
Introduction pour la suite: Je suggère donc, à part l'étang de feu, qu’il nous faut prendre ces passages au pied de la lettre lorsqu'ils parlent de "aux siècles des siècles" d'une part et d'autre part de ceux qui sont destinés à cet étang... Mais que veut dire "aux siècles des siècles" dans un contexte où notre notion du temps n'existera plus, la Jérusalem Céleste là où Celui qui n'a jamais vécu notre temps règnera, notre Élohim.
En effet peu après cette affirmation, la Jérusalem céleste descend sur terre et dans cette dimension les "siècles" tels que nous les connaissons n'existent plus. La Jérusalem céleste nous parle d'une dimension spirituelle, céleste, donc affranchie des limitations temporelles qui sont les nôtres, et l'étang de feu se situera à l'extrême fin de notre dimension marquée par le temps tel que nous le connaissons.
Apocalypse 20.10 nous dit : « … ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. »
Ici, le langage symbolique n’existe pas. Des tourments "aux siècles des siècles" sont prévus.
Mais, lisez bien : « Le diable qui les séduisait fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés... »
Et: « Quiconque ne fut pas trouvé inscrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu. »
En effet, le diable (et probablement ses armées), la bête et le faux prophète, ainsi que ceux qui ne sont pas inscrits dans le livre de vie, seront tourmentés.
D'où mes questions. Elles sont personnelles et j'avoue que je n'ai pas de réponse actuellement.
1 - Qu'est qui ressuscite ?
Paul en I Corinthien 15 parle de résurrection en terme de "corps spirituel". Donc un corps qui n'a plus rien à voir avec "la chair et le sang (l'âme)" qui ont été détruits.
A la résurrection de justes et des injustes, qu'est-ce qui est rendu à la personne puisque son corps et son âme sont détruites ? Ne serait-ce pas cette part spirituelle ? Élohim rendrait-il ce "ruah" qui était retourné à Lui lors de la mort terrestre.
"L'étang de feu" ne peut concerner l'âme puisqu'elle n'existe plus. Elle touche aux parts spirituelles des êtres. Cette idée est confirmée par la présence du diable dans l'étang de feu. Cette créature ressort exclusivement du domaine spirituel; il fut un chérubin protecteur, un être spirituel comme le sont tous les anges.
"L'étang de feu" est donc un sort réservé aux parts spirituelles des humains et à la réalité spirituelle du diable (et probablement de ses armées).
2 - Aux siècles des siècles ?
Que recouvre cette expression ?
L’Écriture utilise cette expression pour donner une idée d'éternité et parle des limites de notre temps et de notre espace physique actuel.
Mais qu'en est-il en ces moments où le monde se transforme d'un monde purement physique, limité par le temps et l'espace, à un monde qui plonge dans un univers céleste (la nouvelle Jérusalem) où les notions de temps et d'espace comme on les connaît n'ont plus leur place ?
Bien qu'évidemment symbolique la description de la "nouvelle Jérusalem" donne des dimensions. On sent bien qu'il ne s'agit plus de nos dimensions mais d'une réalité autre que nous ne pouvons percevoir avec nos sens limité.
Lorsqu'on approche de cette dimension, on a le vertige comme l'ont les physiciens qui par leurs équations décrivent par exemple une notion "d'univers bloc" non soumis à nos limites physiques. Cependant si cette notion est déduite des équations des physiciens, elle nous échappe dès que l'on souhaite la réduire à nos limites perceptives, à nous en laisser avec autant de questionnements qu'auparavant. Voir lien ici: https://fr.wikipedia.org/wiki/Univers-bloc-
Ce que l'on sait de cette nouvelle Jérusalem :
Ses dimensions: on est transporté dans une autre réalité où il existe certes des "dimensions", mais ce ne sont plus les nôtres, ceci déduit sans forcer le texte. Il doit existe dans cet espace une dimension de chronologie, puisqu'il est dit que le Fils fut la première création d’Élohim (voir Colossiens 1.15, 18 et Hébreux 1.5 & 6). Et s'il y a eu un premier, il y eut des suivants .
Sa magnificence: le liste de 12 sortes de pierres précieuse ou semi-précieuses, comme il en existait une pré-figure sur l'éphod du Gand Sacrificateur, les 12 pierres représentant le 12 tribus d'Israël. Ainsi que son éclat, sa lumière qui est celle du trône d'Adonaï. Ce n'est plus la lumière des astres qui sont des marqueurs de notre temporalité.
Sa forme: elle est cubique. On est passé de notre univers dans lequel les relations s'inscrivent dans une structure de triangle plat avec une pointe vers le haut et un socle vers le bas qui représenterait la nature hiérarchisée des rapports entre humains - une structure pyramidale, babylonienne -, à une forme qui implique qu’Élohim soit tout en tous, sans que chacun perde son individualité. Qui comprendra vraiment ce que cela signifie ? Il est réjouissant de penser que la structure de pouvoir des uns sur les autres, imagée par ce triangle pyramidal, sera abolie. J'avoue que cela me dépasse.
La représentation constante des 12 tribus d'Israël, un Israël non limité à la tribu de Juda: pas seulement ceux de Juda, mais aussi ceux d'Ephraïm, les dispersés de l'Israël dans les nations. Ces rares israélites paganisés dont il reste ici et là des traces évidentes ainsi qu'un ADN mêlé, et les étrangers qui se sont associés par la foi au Maschiah au sort promis à l'Israël entier.
CONCLUSION.
Je n'en ai pas.
D'un côté Jean parle de "aux siècles des siècles" dans un univers où nos siècles calqués sur le rythme des saisons et des années, marqués par nos astres proches, n'existe plus.
D'un autre côté on parle d'un univers spirituel et non plus animal (dans le sens d'êtres animés, corps et âme), où il paraît quand même exister une forme de chronologie.
Que signifie cette expression dans un univers hors de nos lois perceptives habituelles ? Je pense que cette révélation, dans le sens compréhension, n'est pas pour aujourd'hui et qu'elle n'existera vraiment que lorsque nous aurons revêtu ce corps spirituel.
Note:
La mort et le séjour des morts (shéol) sont aussi jetés dans l'étang de feu. Le langage est symbolique et figuratif pour ces deux entités. Pour les ressuscités la mort est vaincue et le lieu d'attente, le shéol, n'a plus sa raison d'être puisqu'il concernait un univers physique, limité.