Les calendriers solaires n’ont pas ma faveur et je n’y invite personne. Cependant certains messianiques en utilise un (cependant différent du calendrier grégorien) pour fixer les dates des saintes convocations selon Lévitique 23. Ceci accompagné d'arguments recevables.
Voici les arguments présentés.
1-
L’expression « nouvelles lunes » que l’on trouve dans la version Segond 1910 par exemple, se trouve 13 fois dans le tanakh (consultez les strongs ici, svp). Il s'agit d'une traduction de l’hébreu ro’sh suivi de chodesh ou seulement chodesh.
« Ro’sh chodesh » ne signifie pas « nouvelle lune » mais « tête de mois », entendez par là le premier jour du mois.
« Ro’sh » signifie donc "tête, sommet, chef, bras, chevet, premier,... commencement" . Aucun doute là-dessus.
On peut vérifier que « chodesh » signifie « mois » parce que le mot est utilisé par ailleurs plus de 250 fois pour désigner le « mois » sans aucune connotation de « lunaison ». de nouveau cela est vérifiable avec les codes strongs.
Cet outil de recherche des codes strong est disponible sur le site « Levangile ».
Cela signifie que traduire « Ro’sh chodesh » par « nouvelle lune » ou « lunaison » est une convention que l’on a adopté pour des raisons à débattre sans que ce soit une traduction fidèle.
Par ailleurs, un mot totalement différent est utilisé 26 fois pour désigner la lune. Il s’agit de « yareach » comme ici : « On te craindra, tant que le soleil brillera, tant que la lune – yareach - éclairera, de génération en génération. » Psaume 72.5
En bref, il ne se trouve ici aucun argument pour affirmer que le mois en Israël biblique serait basé sur un cycle lunaire. Je n’ai trouvé aucun texte qui infirmerai ce constat simple : « Ro’sh chodesh » veut dire « tête de mois » et non « nouvelle lune ». Si, dans cet ordre d’idée, vous trouvez un seul texte qui confirme un calendrier lunaire ou luni-solaire, faites-le moi savoir. J’en serai ravi. Merci.
2-
Deux textes laissent penser que les mois bibliques seraient de type solaire avec des mois de trente jours, comme cela existait dans l’antiquité, égyptienne par exemple.
Le premier texte se situe dans le récit du déluge. Citations :
« L’an six cent de la vie de Noé, le second mois, le dix-septième jour du mois, en ce jour-là toutes les sources du grand abîme jaillirent, et les écluses des cieux s’ouvrirent. » Genèse 7.11
Et :
« Les sources de l’abîme et les écluses des cieux furent fermées, et la pluie ne tomba plus du ciel. Les eaux se retirèrent de dessus la terre, s’en allant et s’éloignant, et les eaux diminuèrent au bout de cent cinquante jours. Le septième mois, le dix-septième jour du mois, l’arche s’arrêta sur les montagnes d’Ararat. » Genèse 8.2 à 4
Que lit-on ?
Il s’est passé cinq mois entre le début des inondations et les signes de leur fin. Ces cinq mois représentent un total de 150 jours.
Une simple opération nous donne ceci : 150 : 5 = 30. 150 est bien un multiple de 30 (X 5)
Nous avons ici un calendrier avec des mois de 30 jours. C’est ce que l’on comprend à condition que ces 150 jours représentent bien l’écart entre le dix-septième jour du second mois et le dix-septième jour du septième mois. C’est ce que le texte donne à penser.
Le deuxième texte concerne la période d’activité des deux témoins dans l’apocalypse de Jean.
« On me donna un roseau semblable à une verge, en disant : Lève-toi, et mesure le temple de Dieu, l’autel, et ceux qui y adorent. Mais le parvis extérieur du temple, laisse-le en dehors, et ne le mesure pas ; car il a été donné aux nations, et elles fouleront aux pieds la ville sainte pendant quarante-deux mois. Je donnerai à mes deux témoins le pouvoir de prophétiser, revêtus de sacs, pendant mille deux cent soixante jours. » Apocalypse 11.1 à 3
Il est possible, sans forcer le texte, de prétendre que les quarante-deux mois correspondent aux mille deux cent soixante jours de l’activité des témoins.
Si nous opérons cette division : 1260 : 42, on obtient 30.
J’ai tenté de faire correspondre les 1260 jours avec la durée des mois lunaires, mais je n’y suis pas parvenu.
De nouveau nous nous trouverions ici avec un décompte de mois solaire de 30 jours.
Réserve et prudence:
Les temps de Noé et des deux témoins en Apocalypse sont des temps se situant dans des périodes dominées par la révolte contre Élohim. la violence aux temps de Noé et l'antimessie aux temps des deux témoins, donc peut-être aussi d'opposition calendaire au véritable calendrier d’Élohim. Aussi, ne concluons pas trop vite pour prôner des mois de 30 jours ou des années solaires à partir de ces deux textes. Il convient donc de rester prudents et de ne pas se livrer à des conclusions hâtives.
Conclusion
Je laisse ces considérations à l’appréciation de chacune et chacun. Elles amènent certainement un doute dans notre manière de considérer le calendrier israélite.
On peut cependant argumenter la chose suivante en défaveur d’un calendrier solaire.
Que ce soient les temps vécus par Noé et par les deux témoins, ces temps ne concernent pas Israël mais les nations.
Le déluge auquel Noé échappe a frappé les nations.
Le ministère des deux témoins de l’apocalypse n’est en aucun cas limité à la nation d’Israël. Il est universel et touche le monde entier.
Aussi, ces deux arguments basés sur les deux textes cités tombent quelque peu à l’eau pour démontrer et affirmer de façon définitive que le calendrier biblique mentionné en Lévitique 23 se baserai sur un cycle solaire.
Mais rien ne dit non plus que le calendrier israélite serait lunaire, comme vu dans le point 1 – de cette démonstration.
Ce qui m’amène à une dernière considération : la bible ne nous renseigne pas précisément sur quel type de calendrier se basait le décompte des dates des convocations selon Lévitique 23 : serait-ce intentionnel ?
Cette question méritera dans la suite de ces exposés d’être examinée.