Complément à cet article, ici: Signes de la sacralisation de l'église.
"Eglise" avec un "E" majuscule
On trouve cette forme dans certaines traductions de la bible.
On la trouve aussi sous la plume ou le clavier de certains qui ne sont pas nécessairement issus des églises historiques.
Cette majuscule dénote une tradition lourde (dans le mauvais sens du terme) qui date des premiers siècles de l’ère « chrétienne » lorsqu’une Eglise s’est instituée « universelle » avec un « primat » devenu pape, siégeant à Rome. De cette tradition, toutes les églises qui se sont séparées ensuite de cette branche et qui se sont institués comme "églises", ne se sont pas vraiment défaits.
On comprend qu’en instituant l’Église de cette manière, on lui donne un statut primordial, une existence qu'il faut défendre, un rôle à jouer en tant qu'institution, statut, existence, rôle qui n’ont absolument pas lieu d’être et qui débouchent sur la volonté de contrôler ce que sera cette Église. De fait, c'est une violence, quand bien même on ne le réalise pas. Bien sûr que cette violence est la plupart du temps exclusivement psychologique, avec plus ou moins de "force".
Réunir des églises diverses pour s’associer, relève du même fonctionnement : exister en face du monde et des autorités de ce monde, en oubliant qu’il est écrit : « Mon Royaume n’est pas de ce monde. » Mat 18.36
L’homme a sacralisé l’église. Il en a fait une autorité en soi, et je ne parle pas seulement du catholicisme ou de l'orthodoxie, alors que l’on sait en qui nous plaçons l’autorité, à savoir Yeshoua Ha Mashiah à qui le Père a confié la royauté.
Revenons sur le terme « sacraliser ». Il est utilisé par les historiens des religions pour décrire le fonctionnement humain de création des religions. Par exemple, suite à une crise, le païen tue une victime ( le plus souvent innocente) et, pour se rappeler, « sacralise » l’arbre sous lequel la victime est morte, ou la pierre sur laquelle on lui a coupé la tête.
Le « sacré » est TOUJOURS violent et le premier sacrifice, bâtisseur de civilisation et de religion, fut celui d’Abel. Caïn est le représentant du "sacré".
Ces lieux deviennent des endroits de culte en souvenir de la résolution de la crise, et pour peu qu’un chef s’en mêle, on verra apparaître avec le temps une caste de prêtres, etc.… Une religion est née ou un dieu de plus dans le panthéon apparaît.
Ne croyez pas que le phénomène fut isolé. Au contraire : il est général.
Donc l’homme « sacralise ». Il s’agit d’un geste violent d’homme, un travail de séparation humain qui est violent, guidé par la main de l'homme, même s'il prétend être (le) meilleur.
C’est pourquoi, je trouve l’expression « sacraliser » et les noms de la même famille (sacré, sacralisation) non appropriés pour parler des actes de YHVH Adonaï... et surtout pas pour remplacé saint par sacré comme le fait parfois Chouraqui. le "sacré" est le contraire de la sainteté.
* Voir note
Il crée, Il appelle, Il délègue, Il bénit, Il juge, Il guérit, Il rejette, Il gouverne, etc, etc. . Nous sommes appelés à une foi où nous ne créons pas une religion, ou encore moins une « Eglise ». Toute institution créée par l’homme, petite ou grande, tombe dans le travers de la sacralisation, versus la foi au Père tout suffisant, quand bien même le contraire est affirmé ou même si l'on ne s'appelle pas "Eglise" (Assemblée, par exemple).
« Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église. » Mat 16:18. Cela se fait par la prédication d’un homme, Pierre, prédication basée sur le Roc, Yeshoua, fils obéissant au Père, et non sur la base d’une création d’homme.
Revenons au mot « église » désacralisé cette fois. Il s’agit de l’assemblée qui se rassemblait « hors de » puisque c’est l’étymologie du mot grec « ekklesia ». Il s’agit d’un rassemblement. L’Hébreu dispose d’un terme équivalent « Qehila », rassemblement des enfants d’Israël à certaines occasions.
Ces définitions « mettent à plat » toute sacralisation. Des simples mots pour désigner quelque chose d'un usage courant, se réunir, comme à l'époque dans ces pays méditerranéens, à l'extérieur (hors de...).
Et pourtant cette assemblée non formatée aux normes humaines, ce rassemblement dont seul LUI Yeshoua, la tête, peut désigner les membres, est son Corps.
PS: Article sur le même sujet - aborde de fait le même sujet d'un point de vue différent: "Le besoin d'un roi" - Cliquez.
* Note : YHVH Adonaï a ordonné des sacrifices aux enfants d’Israël, de même qu’Il a envoyé son Fils sachant qu’il serait sacrifié. Je ne peux ici montrer que la démarche est TOTALEMENT différente et à l’opposé de la sacralisation païenne, descendante de l’esprit de Caïn et de la violence. Ce sera peut-être l’objet d’un autre article.
Très brièvement: l'homme cherche la reconnaissance (Caïn), et pour cela il est prêt à tuer, à exclure, rejeter, ou toutes sorte de violence physique ou non. Le meurtrier est sacralisé dans la civilisation qui naît du meurtre. (voir Rémus tué par Romulus, Louis XVI tué par la rébellion avec beaucoup d'autres... Notons au passage que beaucoup de civilisations humaines sont fondées sur le meurtre).
Dans le temps que nous vivons YHVH DONNE, par son Fils qui est victime innocente (et volontaire) de la violence (La Croix). La victime est reconnue comme victime, agréée, et élevée. Et dans la pensée d'Elohim, Abel est agréé. L'exact opposé donc !
Complément à cet article, ici: Signes de la sacralisation de l'église.