Cet article fait partie d'une suite d'articles sur le même thème: la loi d'Elohim est sainte, juste et bonne.
- Responsabilité civile dans la Torah
- La pauvreté (chômage) dans la Torah
- La justice dans la Torah 1
- Le progrès dans la Torah - L'esclavage
- Le progrès dans la Torah - Suite et conclusion
Lorsqu’on parle de la Torah, rappelons que l’objet de la loi est une nation et non seulement des individus. Ce sont donc des aspects de code civil qui nous intéressent ici.
La justice dans la torah est construite sur un principe mal compris
« Mais s’il y a un accident, tu donneras vie pour vie. œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure. » Exode 21.24
Notons bien: « s’il y a un accident » . On parle ici de dommages causé à autrui par accident, non intentionnellement. Cela limite le champ d'application de ce principe qui a été très mal compris, comme une incitation à la vengeance.
Si l’on considère l’ensemble de la loi, on constatera que jamais, il y est question de brûler un coupable s’il a lui-même brûlé quelqu’un involontairement ou d’arracher un œil au coupable qui a causé par inadvertance la perte d’un œil à son prochain… Encore moins de couper la main à un voleur ou je ne sais quelle autre barbarie.
C’est un principe de restitution, de compensation qui est défini… et rappelons une fois pour toute qu’il s’agit d’une justice à appliquer à une nation. En effet, notre Adon Yéshoua a prévu qu’individuellement ses disciples devaient renoncer en certaines circonstances à ce principe de compensation, à accepter une injustice.
« Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. » Matthieu 5.38 à 41
Cette « rectification » de notre Adon ne signifie certainement pas qu’une justice civile est superflue, surtout dans le monde dans lequel nous vivons. Nous sommes invité par Lui individuellement à ne pas entrer dans un cycle de violence et à calmer la violence.
Est-ce que cette justice civile est vraiment efficace de nos jours et emprunte de la loi d’Élohim ? Certainement pas. Il nous est certainement pourtant demandé de la respecter.
« Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes.
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Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains ; car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement par crainte de la punition, mais encore par motif de conscience.
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Rendez à tous ce qui leur est dû : l’impôt à qui vous devez l’impôt, le tribut à qui vous devez le tribut, la crainte à qui vous devez la crainte, l’honneur à qui vous devez l’honneur. » Romains 13. 1 à 7
Ce principe limite l’usage d’une peine hors de proportion envers un condamné. Par exemple, il n’existe pas d’amende à verser à l’état… (qui la plupart du temps n’a subi aucun dommage; c'est donc une injustice) et il n’existe pas de prison en Israël ni de peine de prison qui empêcherait le coupable de restituer. Il s'agit d'un principe d'équivalence.
Cependant nous n’avons pas la naïveté de croire qu’en l’état actuel de corruption du monde ce principe de restitution puisse s’appliquer sans prison… Si on laissait actuellement aller les choses ainsi on en arriverait vite à des cycles de vengeance, de surenchère (vendetta).
Citation d'un autre commentaire sur Exode 21.24 (J. Dodi)
« Contrairement aux préjugés en la matière, largement imprégnés de relents anti judaïques, cette sentence/michpat ne renvoie pas à une conception archaïque et sauvage de la justice, comme nous pouvons l’observer dans certaines civilisations de notre 21e siècle. Dans ce verset que l’on ne cite jamais complètement - à tort - la réparation à apporter à un accident - donc non délibéré - est rigoureusement adaptée au niveau de la faute première. Le verset se présente sous une forme rhétorique dégressive et non progressive dans la gravité du préjudice, la liste va de la perte de la vie à la simple blessure … c’est une invitation à ne pas juger dans la surenchère mais au contraire à juger dans un objectif d’apaisement et de sortie de crise. Cette sentence constitue pour l’époque une vraie révolution juridique.
En aucun cas, il ne s’agit d’une invitation à la vengeance, à la cruauté primitive ni à une conception de la justice qui nierait toute possibilité de pardon. Ce n’est pas le sujet dans ce verset qui n’a pour seul objet que de traiter des responsabilités civiles et pénales à l’occasion d’un accident. Par ailleurs, il n’a jamais été question pour le législateur hébreu de prendre un oeil pour un oeil et de rendre une plaie pour une plaie, mais d’évaluer financièrement le préjudice subi et de dédommager au plus juste la victime de l’accident.
C’est un mauvais procès et une falsification des textes de la première alliance que d’opposer à la sentence mosaïque l’invitation évangélique à « tendre la joue et d’aimer son prochain ». Dans le premier cas, il s’agit de réguler le fonctionnement d’un tribunal civil qui juge techniquement des affaires dont il est saisi, et dans l’autre cas il s’agit de faire évoluer des relations interpersonnelles en dehors de toute juridiction. Il n’y a donc rien de comparable, ni aucune prétention de supériorité d’une révélation sur l’autre. »