S’il fallait se convaincre que la torah marque un progrès par rapport à son temps et aussi par rapport à notre période contemporaine, il suffirait de lire les articles déjà rédigés qui touchent au même sujet.
- Responsabilité civile dans la Torah
- La pauvreté (chômage) dans la Torah
Aussi prendrons-nous pour conclure un sujet sur lequel nos sociétés modernes ont fait un progrès progressif au cours des siècles : l’esclavage.
Il peut paraître hasardeux d’amener ce sujet car chez les israélites l’esclavage existait sous certaines conditions. Tout dépend maintenant comment nous considérons la loi d’Elohim.
Avec un regard critique et avec des arguments tels que nous en entendons couramment dans les milieux « chrétiens » du style « La loi est dépassée, abrogée, obsolète.
Avec un regard qui comprend que la loi est sainte, juste et bonne.
C’est avec ce deuxième regard que nous allons examiner le sujet de l’esclavage dans la loi d’Elohim en montrant en quoi elle est un progrès et en quoi nous pouvons y dégager un principe pour toute législation qui se voudrait « progressiste ».
Rappelons en préalable que le droit est le même pour l’israélite que pour l’étranger qui réside en Israël comme vu ici : - L'étranger dans la Torah
« Lorsque tu achèteras un esclave hébreu, il servira six années ; mais la septième, il sortira libre, sans rien payer.
S’il est entré seul, il sortira seul ; s’il avait une femme, sa femme sortira avec lui.
Si c’est son maître qui lui a donné une femme, et qu’elle lui ait enfanté des fils ou des filles, la femme et ses enfants seront à son maître et lui, sortira seul.
Si l’esclave affirme : J’aime mon maître, ma femme et mes fils, je ne veux pas sortir libre.
Alors son maître le fera approcher d’Elohim il le fera approcher du battant ou du montant de la porte ; son maître lui percera l’oreille avec le poinçon, et l’esclave sera pour toujours à son service.
Lorsqu’un homme vendra sa fille pour être esclave, elle ne sortira pas comme sortent les esclaves.
Si elle déplaît à son maître, qui se l’était destinée, il facilitera son rachat ; mais il n’aura pas le pouvoir de la vendre à un peuple étranger, après lui avoir été infidèle.
S’il la destine à son fils, il agira envers elle selon le droit des filles.
S’il prend une autre (femme), il ne diminuera en rien la nourriture, le vêtement et le droit conjugal de la première.
S’il ne fait pas pour elle ces trois choses, elle pourra sortir sans rien payer, sans (donner de l’)vargent. »Exode 21. 2 à 11
Rappelons d’abord en quels temps cette loi fut promulguée : 34 ou 35 siècles avant notre époque.
Rappelons la nature de l’esclavage qu’elles qu’aient été les civilisations. Il s’agit d’un état sans aucun droit civil. On peut même dire que les maîtres avaient un droit de vie et de mort sur les esclaves. Et certains maîtres n’hésitaient pas d’user de ce droit. De plus le salaire est inexistant ; l’esclave sert contre la nourriture, le logement et les besoins d’usage quotidien.
Mentionnons maintenant les améliorations amenées par la loi d’Elohim.
On ne peut devenir esclave que par l’achat d’un maître. On peut se vendre ou vendre sa fille dans le but de pourvoir en cas de pauvreté.
Le temps d’esclavage est limité à 6 ans.
L’esclave peut recouvrer sa liberté ou, de sa propre volonté, continuer à servir son maître, s’il aime celui-ci et veut garder sa famille créée lors de la période d'esclavage.
Le droit des « filles » esclaves est amélioré par rapport aux autres civilisations à l’entour. Ce n’est pas brillant mais c’est un « mieux ». Le maître n’a pas un pouvoir absolu. Et toujours avec un respect de la vie de la fille qui peut sortir de l’esclavage sans dette.
Remarquons que la loi prévoit des adoucissements au sort d’esclave :
« Si ton frère devient pauvre près de toi, et qu'il se vende à toi, tu ne lui imposeras point le travail d'un esclave. » Lévitique 25:39. Cela veut dire qu’on a le devoir de le respecter dans son travail. Il n’est pas corvéable à merci.
« Si l'on trouve un homme qui ait dérobé l'un de ses frères, l'un des enfants d'Israël, qui en ait fait son esclave ou qui l'ait vendu, ce voleur sera puni de mort. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi. ». Deutéronome 24:7. L’esclavage répond à des règles qui on été énoncées plus haut. On ne peut faire n’importe quoi en Israël. La sanction est la plus élevée (la mort) en cas de débordement.